#5 : La création : imaginer c’est bien, concrétiser c’est mieux

#5 : La création : imaginer c’est bien, concrétiser c’est mieux
15 septembre 2017 Camille
In Backstage

En l’espace d’un an, j’ai fait mûrir cette idée de création (#1), pour ensuite prendre ma décision (#2), démarrer cette nouvelle aventure (#3) et m’immerger dans l’esprit et écosystème start-up (#4). Mais à ce stade, la collection été loin d’être créée. Il fallait donc que toutes ces idées de créations que j’avais en tête puissent se concrétiser.

Passion création

J’ai toujours aimer créer, imaginer, inventer depuis toute petite. Toutes sortes de matières premières sont passées entre mes doigts pour assouvir mes besoins de création : perles, papier maché, bois, argile, peinture, sable, coquillages… et bien sûr textile !

J’ai commencé par customiser des chemises, transformer des tops en robes, rallonger des combinaisons …etc. J’avais une connaissance très basique de la couture et l’idée était plutôt de m’amuser en passant outre les finitions. Mais quand je repense à ces créations, cette chemise, cette robe, cette combinaison, je me rend compte qu’il y a plus de 10 ans déjà je souhaitais créer des vêtements à ma taille. Puisqu’à 16 ans, j’avais déjà ma taille actuelle, c’est-à-dire 1,84m.

Cependant à aucun moment, je n’ai pensé sérieusement à en faire mon métier. Jusqu’à il y a un an et demi, où cette idée a commencé à germer pour que six mois plus tard, je prenne la décision de me lancer. Pendant que d’un côté je découvrais cet univers start-up, de l’autre la création des modèles s’annonçait plus longue et compliquée que je ne l’imaginais.

En effet, si mes connaissances en couture étaient très basiques, mes compétences en modélisme (création des patrons) étaient nulles.

Photo by Kris Atomic on Unsplash

Round 1 : Premiers essais avec une modéliste à la retraite

Dès le mois de décembre 2016, je me mets en quête d’une modéliste pour m’épauler dans ce projet. Concernant le stylisme, j’ai déjà quelques croquis sur mon bloc de dessin et pour les tissus, je commence à enquêter sur les bonnes adresses textiles.

Je décide de rencontrer une modéliste retraitée qui donnait des cours de modélisme. Pourquoi? Au-delà de la question du budget, je voulais avoir une première approche afin découvrir, comprendre et apprendre de son savoir et de sa grande expérience. Si ce fut le cas, et j’ai également eu une mauvaise surprise. Celle du tarif qui connu une sévère inflation par rapport au tarif convenu. Eh oui, erreur de débutante, j’avais fait confiance à la parole à cette dame âgée. J’avais favorisée une relation basée sur l’échange et la confiance car je crois beaucoup à la transmission du savoir des anciennes générations. Mais je fus vite rappelé à la réalité. Et j’en tirais une leçon : à l’avenir je ne ferais que des devis signés. Je repartais tout de même avec un patron et une toile de blouse sous le bras mais j’avais perdu confiance en ce travail qui venais de m’être délivré.

Round 2 : On continue avec une modéliste étudiante

Après cette expérience un peu amère, je préfère aller de l’avant et trouver une nouvelle personne qui pourra m’aider. Je décide donc de m’adresser au profil inverse : celui de l’étudiante modéliste. Beaucoup plus réactive et transparente, j’étais impatiente de travailler avec elle. Je lui demandais donc de repartir du patron pour en vérifier la cohérence et réaliser un premier prototype de blouse. Cette fois nous procédions différemment : nous faisions également des sessions de travail ensemble, ce qui me permettait d’apprendre de ses compétences mais aussi de ses erreurs.

Le temps file et mi-mars, j’avais ce fameux prototype. Mais il n’était pas très convaincant. Je l’avais également montré à un tailleur expérimenté qui suivait mon projet et qui m’a vite montré les défauts du celui-ci. J’étais un peu dépité, je décide d’abandonner ce modèle, une blouse d’été, car je ne pourrais manifestement rien sortir pour cette saison. D’ailleurs on ne suggère de laisser tomber de ce projet…

Photo by Ilya Muromets on Unsplash

Round 3 : Cette fois, on fait appel à de vrais professionnels ?

Abandonner ? C’est mal me connaitre ! Alors je décide de faire appel à de vrais professionnels. Je contacte une agence qui travaille avec de petits créateurs comme de grandes maisons de couture françaises. Celle-ci propose une formule à la carte, composée de toutes les différentes étapes du processus (stylisme, modélisme, production, logistique…). J’expose alors mes besoins, c’est-à-dire le développement des patrons mais aussi la production des modèles. Le devis tombe, à services professionnels, prix professionnels, mais la facture est un peu salée à mon goût. Un prix à quatre chiffre (TTC) pour le développement d’un patron d’une simple chemise avec un essayage et un prototype. A ce prix, le modèle a plutôt intérêt à être un best-seller pour pouvoir l’amortir!

Quand au prix de production, même l’option la moins cher et donc dans un pays très lointain, s’avère  plutôt gonflée, et ce sans compter les frais de port et de douanes. Outch ! C’est la douche froide. Ce n’était vraiment pas adapté à mon projet et ses valeurs, et je préfère encore payer un peu plus pour assurer une fabrication française.

Photo by Igor Ovsyannykov on Unsplash

Round 4 : On se retrousse les manches …

Nous sommes en avril et à ce stade, je suis un peu découragée. J’ai exploré plusieurs pistes sans succès. Je repars à 0. Mais je repars tout de même. Je voulais vraiment aller au bout de ce projet et je sentais que je n’avais pas épuisé toutes les solutions. Il m’en restait une : moi et mes dix doigts. J’ai donc décidé de réveiller la modéliste qui sommeillait en moi. Alors je l’ai bien secoué, car il fallait vite se mettre au travail ! En effet, je n’avais aucune envie d’entamer une longue formation de modéliste mais je souhaitais apprendre au plus vite lancer une première collection en septembre. Je décide alors d’acheter livres et dvd pour me former et réaliser ma première toile. Je pense qu’avec une bonne dose d’envie et de passion, on est capable de beaucoup de choses.

Round 5 : Valentina, mon amour !

Mais j’oublie un outil essentiel, sans lequel j’aurais peut-être fini par abandonner mon projet malgré mes efforts. Valentina. Un logiciel de patronage en open source dont je vous parlais dans l’article précédent. Valentina porte bien son nom puisque j’en suis tombée amoureuse. Elle transforme mes désirs en réalité. Mes désirs de créations mais pas seulement. Surtout mon désir de travailler rapidement et efficacement en élaborant les patrons sur ordinateur. Un rêve qui me semblait intouchable à la vue des tarifs proposés pour de robustes logiciels de l’industrie textile tel que Lectra.

J’apprends donc à apprivoiser peu à peu ce nouveau compagnon de route et je réalise mon premier patron de base. Puis ma première toile. Puis une modification du patron et encore une autre toile, etc. Enfin je décide de réaliser mon premier modèle : une chemise. Je sens que ça va pas être du gâteau mais je m’accroche et je m’en sors ! Je réussi à monter moi-même ce premier prototype. En me confrontant aux difficultés du montage cela me permet de bien vérifier l’exactitude et la cohérence du patronage. C’est en forgeant que l’on devient forgeron !

Une première victoire de voir cette chemise blanche passepoilée aux poignets et à la carrure devant et dos. S’ensuit la réalisation des patrons et toiles de chaque modèles pour ensuite faire réaliser les premiers prototypes dans un atelier de confection française. Les prototypes seront alors essayés afin d’y apporter les modifications nécessaires. Tout cela nous mène à aujourd’hui, ou plutôt demain où j’irais récupérer le dernier prototype de la collection.

Voilà tout pour ce parcours qui, malgré quelques obstacles, m’a permis de concrétiser cette première collection que vous découvrirez avant la fin du mois. Avec passion et volonté, on y arrive toujours 😉

Comments (2)

  1. Carole Dantin Bré 1 année ll y a

    Bonjour,

    Merci ! Oh merci pour votre témoignage. Je suis dans le «même bateau» avec la chance de mon côté des cours de couture et modélisme gratuit par ma ville.
    Je créé ma collection par moi-même de robes de mariées.
    Vous me rassurez et m’inspirez. Bonne continuation !

    • Auteur
      Camille 1 année ll y a

      Merci à toi Carole ! Bravo à toi de t’être lancée également dans l’aventure et bonne chance pour la suite.

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