#2 – Le déclic : Un projet qui a du sens

#2 – Le déclic : Un projet qui a du sens
2 août 2017 Camille
In Backstage

Dans l’article précédent, j’évoquais comment et pourquoi j’ai eu l’idée de créer une marque de prêt-à-porter pour les femmes de plus de 175 cm. Un an avant de me lancer dans ce projet, plusieurs alertes ont résonné en moi et ont fini par me décider de transformer mon rêve en réalité.

Le choix de raison : la Société Générale

Un grand groupe offrant sécurité et stabilité

J’ai toujours aimé l’entreprenariat, réalisant deux stages en start-up, chez Wondercity et Datactics, mais je souhaitais également avoir l’expérience des grands groupes. Même si de prime abord cela ne m’attrait pas plus que ça, c’était une ligne à avoir sur son CV et cela m’apporterait une expérience différente, m’enrichirait d’une autre manière. J’ai donc rejoins la Société Générale en Septembre 2016 en alternance, dans les services pour les marchés financiers. Si le poste était intéressant, il était aussi complexe et j’avais du mal à assimiler toutes ces nouvelles informations. Toutes ces notions étaient assez abstraites et déconnectées de l’économie réelle. J’étais pourtant prévenue, pas de vices cachés, la couleur avait été annoncée en entretien. Mais mon goût du challenge avait pris le dessus. Pourtant je ne me sentais vraiment pas à l’aise dans cet environnement, pas à ma place, pas dans mon élément. Je m’étais trompée en pensant pouvoir travailler sans être passionnée.

Dans le bureau où je travaillais, je me souviens d’une remarque : « C’est vrai que c’est quand même sympa un boulot qui a vraiment du sens », cette phrase résonnait en moi et m’interrogeais sur ma réelle motivation professionnelle.

Plus tard on m’a fait comprendre qu’il y avait deux choses distinctes à considérer : la difficulté et l’intérêt. La difficulté était normale mais l’absence d’intérêt plus problématique puisque la difficulté sans l’intérêt est beaucoup plus difficile à surmonter. Je me suis alors rendue compte que je m’étais trompée de voie, et pour ne plus perdre de temps et arrêter de me mentir à moi-même, j’ai quitté la Société Générale après quatre mois.

[Image Le choix de raison : la Société Générale]

Photo by James Traf on Unsplash

Le choix du cœur : Petit Bateau

Une entreprise humaine en phase avec mes aspirations

J’ai eu la chance de retrouver une alternance une semaine après avoir quitté la Société Générale.

Quand j’ai découvert l’offre d’alternance de Petit Bateau, exit la lettre de motivation trop formatée. Je suis partie d’une page blanche en me concentrant sur mes motivations profondes. Quelques jours plus tard vient l’entretien : tout était beaucoup plus spontané. Tant bien que lorsque en fin d’entretien la directrice marketing me demande :

« Quel est votre rêve professionnel, votre but de carrière? », ce à quoi je répondis : « je souhaite créer une marque de prêt-à-porter pour les femmes très grandes comme moi ». C’était la première fois que je formulais ce souhait à voix haute.

Mon expérience chez Petit Bateau a été très enrichissante. Grâce à un poste transversal,  j’ai pu découvrir et travailler avec des services divers et plus particulièrement ceux qui m’étaient inconnus et m’intriguaient : le stylisme et le modélisme. J’ai pu découvrir tout le processus d’élaboration d’une collection et peu à peu les choses se démystifiaient et mon rêve me semblait plus accessible. Je décidais d’ailleurs à cette même période de commencer à creuser le sujet en choisissant de réaliser mon mémoire de fin d’études sur les comportements d’achats et la satisfaction des femmes de plus de 175 cm dans l’habillement.

Je me souviens également d’une discussion sur les rêves de chacun : pour l’une c’était de faire le tour du monde mais pour l’autre, pas de rêves en particulier. Je réalisais alors que j’avais la chance de poursuivre un rêve qu’il fallait maintenant le réaliser.

[Image Le choix du cœur : Petit Bateau]

Photo by Petit Bateau

Le temps de la réflexion

Pourtant à la fin de mon alternance je n’étais pas encore prête à me lancer dans ce projet, cela restait encore une idée qui continuait à mûrir dans mon esprit. Je me lançais donc dans la traditionnelle recherche d’emploi. Pas en île-de-France mais dans le Calvados où je savais que j’allais bientôt déménager suite à la mutation de mon mari. J’étais un peu septique quant aux opportunités marketing dans ce département mais pas résignée. Je me disais qu’il y avait bien quelques start-up ou entreprises dynamiques offrant de nouvelles opportunités. Cependant, alors que les offres de stages et d’alternance étaient nombreuses, celles de CDI étaient denrées rares.

Lors d’un entretien pour un start-up, j’évoquais mon attrait pour l’environnement entrepreneurial, ma volonté de mettre toutes mes compétences et mon énergie au service de la croissance de cette jeune pousse. Mais face à cette enthousiasme, j’eu pour seule réponse de mon interlocuteur :

« En somme, vous souhaitez qu’on vous apprenne tout pour ensuite monter votre boite ».

J’étais très surprise de cette interprétation mais peut-être qu’effectivement, cette envie entrepreneuriale transparaîtrait de manière évidente. Alors qu’un autre entretien était prévu un mois et demi après (le 24 décembre ?!) , je fus rappelé début décembre pour avancer cette entretien, mais j’annonçais ne plus être disponible. J’avais pris ma décision. Je devais me rendre à l’évidence, cette envie était trop forte pour que je puisse encore la passer sous silence au profit du salariat.

Cette recherche d’emploi m’avait aussi conforté dans ce choix, comme pour me dire « tu ne loupes rien, va-y, lances-toi, c’est le bon moment ».

[Image le temps de la réflexion]

Photo by Max Lakutin on Unsplash

La décision est prise

Il ne reste plus qu’à l’annoncer

Une fois cette décision prise, quel soulagement, quelle libération ! Je me sentais vidée d’un poids et j’allais maintenant pouvoir concentrer toute mon énergie sur ce projet. Il fallait maintenant que je l’annonce à mes proches et à ma famille. Même si j’appréhendais un peu les réactions, j’étais plutôt excitée d’annoncer ce changement de cap.

Pour mon mari, c’était un soulagement pour lui aussi, puisqu’il commençait à ne plus supporter mes tergiversations incessantes, même si cette décision l’inquiétait un peu.

Pour l’annoncer à mes parents, j’avais préparé tous mes solides arguments, pour la plupart tirés de mon mémoire de fin d’étude sur la satisfaction et les comportements d’achat des femmes de plus de 175 cm dans l’habillement. Je déroulais mon discours avec beaucoup de conviction et de ferveur tant et si bien que j’en perdais mon souffle ! Ce fut payant, je pense que je les avaient convaincus ! Ou peut-être qu’ils n’osaient pas me contredire … Mais je crois tout de même qu’ils avaient compris ce fort désir et m’encourageaient dans cette nouvelle voie.

Quant à mes amis les réactions étaient partagés : certains étaient très enthousiastes, d’autres plus mitigés préféraient attendre de voir pour croire. Réaction tout aussi légitime, si l’on a en tête le nombre d’échecs par lesquels se soldent de nombreux projets.

Pour l’instant, je savourais cette nouvelle décision et j’étais prête à donner toute mon énergie au service de la réussite de ce projet.

[Image La décision est prise]

Photo by Todd Quackenbush on Unsplash

Comments (4)

  1. Desmet 1 année ll y a

    Article formidable fonce ma fille
    Bravo pour ton enthousiasme

  2. Geraldine 1 année ll y a

    Très inspirant! Merci de partager ton expérience et le cheminement de cette belle aventure! Je te souhaite un magnifique succès !

  3. Virginie 1 année ll y a

    Camille, je n’avais pas encore pris conscience de tout le cheminement par lequel tu étais passé, ni toutes les embûches décrites dans l’autre article !, et je crois que je suis encore plus admirative de voir tes réalisations ! Chapeau ma chère belle-soeur !, tu as de belles ressources en toi !

    • Auteur
      Camille 1 année ll y a

      Merci beaucoup Virginie, c’est très gentil 😉

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*